décliner


décliner

décliner [ dekline ] v. <conjug. : 1>
• 1080 « détourner »; lat. declinare
I V. tr.
1Dr. Prétendre incompétent pour statuer. Décliner la compétence d'une juridiction, d'un juge. déclinatoire, renvoi. Cour. Repousser (ce qui est proposé, attribué). Décliner une invitation, un honneur. refuser. Décliner toute responsabilité. rejeter.
2Donner à (un nom, un pronom, un adjectif) toutes ses désinences, suivant les nombres, les genres et les cas. déclinaison. Décliner rosa, dominus. Pronom. Cet adjectif se décline à, selon, sur la 3e déclinaison.
3(v. 1980) Comm. Donner plusieurs formes à (un produit). Décliner un tissu en plusieurs couleurs. Par ext. Décliner une gamme de parfums.
4Fig. Dire à la suite. Décliner ses nom, prénoms, titres et qualités. énumérer.
II V. intr.
1Astron. S'éloigner de l'équateur de la sphère céleste, en parlant des astres.
S'écarter du nord géographique, en parlant de l'aiguille aimantée ( déclinaison).
2Cour. Être dans son déclin. baisser, diminuer, 1. tomber. « Le jour, si bref en cette saison, commença à décliner » (Barrès). « À mesure que l'année décline » (Fromentin). Malade dont les forces déclinent chaque jour. s'affaiblir, décroître. Son état va en déclinant. empirer. « Ma santé, au lieu de se rétablir, déclina » (Chateaubriand). Par ext. « D'instant en instant, Jean Valjean déclinait. Il baissait » (Hugo) .
⊗ CONTR. Accepter. — Croître, épanouir (s'), progresser.

décliner verbe transitif (latin declinare, détourner) Énoncer son identité, ses titres, etc. : Déclinez vos titres, prénoms, nom, qualités. Énoncer, en les énumérant, les composantes de quelque chose : Décliner un thème publicitaire, une campagne de presse. Présenter un produit ou un ensemble de produits sous plusieurs formes, ou en exploiter les différents sous-produits. Énoncer le paradigme de la déclinaison d'un nom, d'un pronom, d'un adjectif. ● décliner (synonymes) verbe transitif (latin declinare, détourner) Énoncer son identité, ses titres, etc.
Synonymes :
- énumérer
décliner verbe intransitif (de décliner) S'approcher de l'horizon après avoir dépassé le méridien : Le soleil décline. S'affaiblir, perdre de ses forces, de ses qualités : Vieillard qui décline. En parlant du jour, tomber, laisser place à la nuit. En parlant d'un cadran solaire vertical, s'écarter du plan perpendiculaire au méridien. ● décliner verbe transitif Ne pas reconnaître la responsabilité de quelque chose : Décliner toute responsabilité dans un accident. Refuser quelque chose avec politesse : Décliner une invitation.décliner (synonymes) verbe intransitif (de décliner) S'approcher de l'horizon après avoir dépassé le méridien
Synonymes :
Contraires :
S'affaiblir, perdre de ses forces, de ses qualités
Synonymes :
- baisser (familier)
- dégénérer
- dépérir
- péricliter
- s'abâtardir
Contraires :
- s'accroître
- se développer
- se fortifier
- s'élever
- s'épanouir
En parlant du jour, tomber, laisser place à la nuit.
Synonymes :
- décroître
décliner (synonymes) verbe transitif Ne pas reconnaître la responsabilité de quelque chose
Synonymes :
- récuser
Refuser quelque chose avec politesse
Synonymes :
- écarter
- remercier de

décliner
v.
rI./r v. intr.
d1./d Tendre vers sa fin. Le jour commence à décliner.
d2./d S'affaiblir, tomber en décadence. Ses forces déclinent de jour en jour.
d3./d ASTRO S'éloigner de l'équateur céleste. Un astre qui décline.
rII./r v. tr.
d1./d GRAM énumérer les différents cas (nominatif, génitif, etc.) de la déclinaison d'un mot.
|| v. Pron. En latin, les noms et les adjectifs se déclinent.
d2./d Fig. énumérer. Décliner ses nom, prénoms et qualités.
d3./d DR écarter, refuser de reconnaître (qqch). Décliner la compétence du tribunal.
d4./d Refuser d'accepter (qqch). Décliner une invitation.
Décliner toute responsabilité dans une affaire.

I.
⇒DÉCLINER1, verbe intrans.
A.— S'écarter d'une direction donnée. Décliner vers. J'avais le projet de décliner ensuite vers le sud-ouest, et de couper la route du capitaine Clerke (Voy. La Pérouse, t. 2, 1797, p. 296). Je déclinai un peu vers la droite de cette mosquée (LAMART., Voy. Orient, t. 1, 1835, p. 426).
1. ASTRON. [Le suj. désigne un astre] S'éloigner de l'équateur; redescendre vers l'horizon après avoir atteint son point culminant. Le soleil décline. L'astre déclinait avec le jour finissant et s'en allait (...), pareil à un œil de clarté vive que la paupière recouvre (ZOLA, Rêve, 1888, p. 67).
P. ext.
a) [Le suj. désigne des phénomènes cycliques de la nature] Décroître après avoir atteint son apogée. Décliner sur, dans. L'hiver décline. La saison déclinoit vers l'automne; saison mélancolique où (...) le jour qui s'abrège, la nuit qui s'étend (...) rappellent la destinée de l'homme (CHATEAUBR., Natchez, 1826, p. 433). Le jour déclinait, le soleil était sur son penchant (BOURGES, Crépusc. dieux, 1884, p. 235).
P. compar. Mes jours sont passés, ils ont décliné comme l'ombre; mes pensées sont évanouies, mes espérances dissipées (COTTIN, Mathilde, t. 2, 1805, p. 338).
b) [Le suj. désigne des périodes temp. ou des œuvres liées à ces périodes] Le dix-septième siècle avec son roi rayonne et disparaît; le dix-huitième (...) verse en déclinant sa douceur et sa joie de vivre (PESQUIDOUX, Livre raison, 1928, p. 273). Les sciences et les lettres prospéraient ou déclinaient avec la fortune ou l'abaissement des empires (GUÉHENNO, Jean-Jacques, 1950, p. 15).
2. GÉOGR. (orientation). [Le suj. désigne l'aiguille aimantée de la boussole] S'écarter du Nord géographique du méridien terrestre vers le Nord magnétique.
3. PHILOS. ANC. [Dans le système d'Épicure et de Lucrèce, le suj. désigne des atomes] Dévier de la chute verticale pour rencontrer d'autres atomes et former un corps. L'atome n'est pas autonome et parfait, n'est pas lui-même, mais fonction d'autre chose, tant qu'il n'est pas posé avec la capacité de décliner (LUCRÈCE, De la Nature des choses, Préf. et commentaires par G. Cogniot, Paris, éd. sociales, 1954, p. 37).
B.— Pencher vers sa fin, perdre de sa vitalité ou de son influence.
1. [Le suj. désigne une pers. considérée dans ses forces physiques, morales et intellectuelles] De jour en jour, je décline et m'affaisse (SANDEAU, Mlle de la Seiglière, 1848, p. 266). Ils perdirent cette vitalité et cette puissance de joie qui devait être leur profonde raison de vivre, puisque dès lors les plus robustes de la race déclinèrent et un à un s'acheminèrent vers le tombeau (BOSCO, Mas Théot., 1945, p. 29) :
1. Donc, homme célèbre, grand artiste, mange-toi la cervelle, brûle ton sang, pour monter encore, toujours plus haut, toujours plus haut; et, si tu piétines sur place, au sommet, estime-toi heureux, use tes pieds à piétiner le plus longtemps possible; et, si tu sens que tu déclines, eh bien! achève de te briser, en roulant dans l'agonie de ton talent...
ZOLA, L'Œuvre, 1886, p. 197.
2. P. ext.
a) [Le suj. désigne l'âme, des sentiments, etc., produits de l'affectivité hum.] Il faut chercher à nourrir, à faire croître ces pensées, cependant que décline le sentiment qui n'est plus qu'un souvenir (PROUST, J. filles en fleurs, 1918, p. 632) :
2. ... je voyois l'ame humaine s'élever, comme le soleil radieux sort du sein des ondes (...), elle n'étoit point enchaînée comme lui dans un cours circulaire, où, lorsqu'elle auroit atteint son dernier point d'élévation, elle eût été forcée de décliner, sans jamais séjourner à demeure dans le lieu du repos. Mais suivant rapidement la ligne de l'infini, où elle a puisé la naissance, elle s'élevoit vers le sommet des cieux, et tendoit sans la moindre déviation, vers ce centre unique qui, siégeant de toute éternité au rang suprême, ne pourra jamais décliner.
SAINT-MARTIN, L'Homme de désir, 1790, p. 81.
b) [Le suj. désigne une entité abstr.] La féodalité déclinait depuis longtemps et touchait à sa fin (BAINVILLE, Hist. Fr., t. 2, 1924, p. 35).
Rem. On rencontre ds la docum. déclination, subst. fém., déclinement, subst. masc. Action de décliner; résultat de cette action. La déclination de l'astre (H. POINCARÉ, Hyp. cosmogon., 1911, p. 148). Attesté ds la plupart des dict. gén. du XIXe et du XXe s., avec prédominance de la forme déclination.
Prononc. et Orth. :[dekline], (je) décline [deklin]. Ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. Cf. décliner3.
DÉR. Déclinatoire, subst. masc. Instrument muni d'une aiguille aimantée et servant à déterminer l'inclinaison ou la déclinaison d'un plan, d'une planchette, etc. Derrière le cristal des grands déclinatoires, L'aiguille se mourait (TITEUX, Saint-Cyr, 1898, p. 674). Attesté aussi ds Ac. Compl. 1842, Lar. 19e-Lar. Lang. fr., LITTRÉ, GUÉRIN 1892, DG, ROB., QUILLET 1965 (qqf. sous la forme déclinateur). []. 1re attest. 1701 « boussole » (FUR.); dér. sav. de décliner1, suff. -(at)oire.
II.
⇒DÉCLINER2, verbe trans.
[Le compl. désigne gén. une offre, une proposition]
A.— Rejeter comme inacceptable. Je ne prétends nullement décliner ni même diminuer, la responsabilité du sévère et même injuste article que j'écrivis (GIDE, Si le grain, 1924, p. 539) :
1. ... la littérature que l'on appelle familiale s'obstine à idéaliser la réalité familiale et transporte à son échelle cet optimisme naïf qu'elle se refuse justement à accepter quand il s'agit de la nature de l'homme : pour décliner leurs responsabilités dans les désordres qu'elles provoquent, par égoïsme, par maladresse ou par ignorance, les familles se couvrent de ce que De Saussure a appelé le « dogme de la famille irréprochable ».
MOUNIER, Traité du caractère, 1946, p. 96.
Spéc., DR. Décliner (la compétence d')un juge, (d')une juridiction ou (d')un tribunal. Les rejeter pour s'en remettre à un(e) autre. Opposez-vous à l'exécution du jugement. Allez trouver un de mes amis (...), il renouvellera l'opposition, se présentera pour vous, et déclinera la compétence du tribunal de commerce (BALZAC, Illus. perdues, 1843, p. 595). Le plaideur pouvait décliner la juridiction seigneuriale, en saisissant par prévention les tribunaux royaux (LEFÈBVRE, Révol. fr., 1963, p. 118).
P. anal. :
2. Je nie donc la suprématie de Dieu sur l'humanité; je rejette son gouvernement providentiel, dont la non-existence est suffisamment établie (...) par le martyre de notre espèce; je décline la juridiction de l'être suprême sur l'homme; je lui ôte ses titres de père, de roi, de juge, bon, clément, miséricordieux, secourable, rémunérateur, et vengeur.
PROUDHON, Système des contradictions écon., t. 1, 1846, p. 361.
B.— [Avec une idée de mondanité] Refuser poliment, courtoisement. Décliner un honneur, une invitation. Je décline l'hommage de votre affection (GUITRY, Veilleur, 1911, III, p. 23). Je déclinai courtoisement leur offre (DU BOS, Journal, 1928, p. 51).
Rem. On rencontre ds la docum. le subst. masc. déclinement, rare. Action de décliner, de refuser. Le déclinement de son aimable invitation (GONCOURT, Journal, 1895, p. 791).
Prononc. et Orth. Cf. décliner1. Étymol. et Hist. Cf. décliner3.
DÉR. Déclinatoire, subst. masc. et adj., dr. Refus, acte de procédure par lequel une partie décline la compétence d'un tribunal pour renvoyer l'affaire devant une autre juridiction. Lorsque le prévenu ou l'accusé, l'officier chargé du ministère public, ou la partie civile, aura excipé de l'incompétence d'un tribunal de première instance ou d'un juge d'instruction, ou proposé un déclinatoire, soit que l'exception ait été admise ou rejetée, nul ne pourra recourir à la cour de cassation pour être réglé de juges (Code instr. crimin., 1808, p. 786). Emploi adj. Qui décline, qui sert à décliner (cf. décliner2 A). Exceptions, fins, moyens déclinatoires. []. Ds Ac. dep. 1694. 1res attest. a) subst. 1381 « demande tendant à décliner une juridiction » (Grands jours de Troyes, A. N. X1a 9183, f° 17 v° ds GDF. Compl.); b) adj. av. 1502 (OCT. DE SAINT GELAIS, Séj. d'honn., f° 125 v° ds GDF.); dér. sav. de décliner2, suff. -(at)oire. Fréq. abs. littér. : 2.
III.
⇒DÉCLINER3, verbe trans.
[Le suj. désigne une pers.; le compl. désigne une chose abstr.] Décliner ses nom, prénoms, titres et qualités. Les énoncer afin de se faire connaître. Après, moi, avoir décliné (pourquoi pas conjugué?) mes nom, prénoms et qualité (VERLAINE, Œuvres compl., t. 4, Mes pris., 1893, p. 411). On m'a encore fait décliner mon identité (CAMUS, Étranger, 1942, p. 1185).
Spéc., GRAMM. [P. oppos. à la conjugaison, parad. des formes verbales] Énoncer selon un paradigme les formes variables pourvues d'affixes que peuvent prendre les différents constituants d'un syntagme nominal (nom, pronom, article, adjectif) selon leur fonction grammaticale ou spatio-temporelle dans les langues à flexion. Je décline Rosa la rose; Je suis amoureux à lier (HUGO, Chans. rues et bois, 1865, p. 181). Dans les textes latins (...) il y avait (...) un masculin Betto et son féminin Betta, tous deux déclinés comme des noms simples (L'Hist. et ses méth., 1961, p. 708).
Rem. A pu s'employer aussi à propos du verbe. Le léger défaut de prononciation de la petite me permet de croire qu'elle a décliné le verbe sacré des mélos et demandé :« Tu m'aimes? » (H. BAZIN, Mort cheval, 1949, p. 95).
Absol. On ne saurait exempter les enfants de la peine d'apprendre à décliner, à conjuguer (SAINTE-BEUVE, Port-Royal, t. 3, 1848, p. 444).
Emploi pronom. passif. [L'obj. désigne les différents constituants d'un syntagme nom.] (Pouvoir) être énoncé selon un paradigme dans ses diverses variantes formelles.
Rem. On rencontre ds la docum. a) Le subst. masc. déclineur. Celui qui récite une chanson de geste, un texte épique. Nous, les déclineurs de la geste, les disciplineurs des mythes et des dieux innommés que nous asservissons en les nommant (ARNOUX, Rhône, 1944, p. 103). b) L'adj. déclinable, gramm. [En parlant des différents constituants d'un syntagme nom. : nom, art., adj., pron.] Qui peut être décliné. Dans les langues, où les autres adjectifs sont déclinables (DESTUTT DE TR., Idéol., 2, 1803, p. 194).
Prononc. et Orth. Cf. décliner1. Étymol. et Hist. A. 1. 1100 intrans. « tomber » [en parlant du soir] (Roland, éd. J. Bédier, 2447); ca 1119 « descendre à l'horizon, décroître » [du soleil] (PH. DE THAON, Comput, 446 ds T.-L.); 2. ca 1200 au fig. [d'une pers.] « perdre ses forces, faiblir, s'éteindre » (H. DE DANMARTIN, Folque de Candie, éd. Schultz-Gora, 5208). B. 1. 1re moitié XIIe s. « s'écarter de » (Psautier d'Oxford, 100, 5 ds T.-L.); 2. av. 1350 « refuser » (GILLES LI MUISIS, Poésies, éd. Kervyn de Lettenhove, I, 316 ds T.-L.); ca 1397 décliner une juridiction (Voyage de Jérusalem du S. d'Anglure, LXXIII, ibid.); [ca 1100 « dire, réciter; raconter; composer »? (Roland, éd. J. Bédier, 4002; v. Commentaire, pp. 33-37)] 1223 « dire, exposer » (G. DE COINCI, Miracles, éd. F. Kœnig, 1 Mir. 11, 1245); 1236 gramm. (H. D'ANDELI, La Bataille des VII ars, IV, 363 ds T.-L.). Empr. au lat. class. declinare « détourner, incliner » d'où l'acception gramm. (proprement « changer les mots au moyen de flexions »); « infléchir; esquiver » et intrans. « se détourner; s'écarter »; d'où « pencher vers son déclin » [des astres].
STAT. — Décliner1, 2 et 3. Fréq. abs. littér. :398. Fréq. rel. littér. :XIXe s. : a) 553, b) 563; XXe s. : a) 438, b) 655.
BBG. — CHRISTMANN (H. H.). Declinet und kein Ende. Z. fr. Spr. Lit. 1966, t. 76, pp. 84-92. — GOHIN 1903, p. 303. — LEBLOND (B.). Ci falt la geste que Turoldus declinet. Annales de Normandie. 1957, t. 7, pp. 159-163. — MAT. Louis-Philippe 1951, p. 80. — NYKROG (P.). La Compos. du Roland d'Oxford. Romania. 1967, t. 88, n° 4, pp. 509-526. — OLSCHKI (L.). Ci falt la geste que Turoldus declinet. Archivum Romanicum. 1935, t. 19, pp. 425-431. — RITTER (E.). Les Quatre dict. fr. B. de l'Inst. nat. genevois. 1905, t. 36, p. 395.

décliner [dekline] v.
ÉTYM. 1080, Chanson de Roland, au sens II, 2; lat. declinare « détourner, incliner », d'où « changer les formes des mots par des flexions », de de- marquant la séparation, et clinare « pencher ». → Incliner.
———
I V. tr.
A
1 (V. 1397). Dr. Écarter (une juridiction, la compétence d'un tribunal). || Décliner la compétence d'un juge. Déclinatoire (1.); renvoi (demande en renvoi).
1 Charles Ier déclina la compétence de la cour, et, la tête couverte, parla en roi.
Chateaubriand, Stuarts, 221, in Littré.
2 (V. 1350). Cour. Ne pas accepter, refuser. || Décliner une invitation, un honneur. Écarter, éloigner, éviter, repousser. || Je décline votre offre.Décliner toute responsabilité. Rejeter.
B (1236; du sens spécial de declinare). Gramm. Faire passer (un nom, un pronom, un adjectif) par toutes ses désinences, suivant les nombres, les genres et les cas. || Décliner rosa, dominus… Absolt. || Apprendre à, savoir décliner en latin.
Pron. || Cet adjectif se décline sur la troisième déclinaison, il se transforme suivant les formes de cette déclinaison.
C (V. 1100, « dire, réciter »). Énoncer officiellement. || Décliner ses noms, prénoms, titres et qualités. Dire, énoncer. || Décliner son état civil.
2 J'aimerais mieux encor qu'il déclinât son nom,
Et dît : Je suis Oreste ou bien Agamemnon.
Boileau, l'Art poétique, III.
———
II V. intr.
1 (XIIe). Vieilli. (Emploi général). S'écarter d'une direction donnée, d'un point fixe. || Décliner vers la droite, la gauche.
2 Philos. S'écarter de la verticale, en parlant des atomes dans la philosophie d'Épicure. Déclinaison; clinamen.
Astron. S'éloigner de l'équateur de la sphère céleste, en parlant des astres.
Phys. S'écarter du nord géographique (méridien terrestre), en parlant de l'aiguille aimantée. || La boussole décline d'un angle donné en un lieu donné.
3 Cour. (temporel). Être à son déclin, pencher vers sa fin. Baisser, décroître, diminuer, tomber. || Le jour décline. || Le soleil décline à l'horizon, sur l'horizon. Disparaître. || L'année déclinait. Achever (s'), finir, terminer (se).
3 Le jour, si bref en cette saison, commença à décliner.
M. Barrès, Leurs figures, p. 373.
4 Toute la pente est tapissée d'arbres et colorée d'un vert plus âpre, à mesure que l'année décline.
E. Fromentin, Une année dans le Sahel, p. 13.
5 La belle saison décline. Les jours qui suivent s'effeuillent sous les vents désolés d'automne ou s'endorment au bruit des pluies.
Francis Jammes, Clara d'Ellébeuse, IV.
4 (V. 1200). S'affaiblir. || Les forces du malade déclinent chaque jour. Affaiblir, décroître. || Son état va en déclinant. Empirer. Par ext. || Le malade décline à vue d'œil. Dépérir, languir (→ Coffre, cit. 3). || Elle déclinait doucement. Étioler (s').
6 Il supporta toutes ces pertes avec un courage apparent; mais son cœur ne cessa de saigner en dedans tout le reste de sa vie, et sa santé ne fit plus que décliner.
Rousseau, les Confessions, XI.
7 On avait espéré merveille du changement d'air pour me rendre les forces nécessaires à la vie d'un soldat; mais ma santé, au lieu de se rétablir, déclina.
Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe, t. II, p. 77.
8 D'instant en instant, Jean Valjean déclinait. Il baissait; il se rapprochait de l'horizon sombre. Son souffle était devenu intermittent; un peu de râle l'entrecoupait.
Hugo, les Misérables, V, IX, V.
Sa vie décline, elle est sur son déclin. Vieillir.
9 Mais depuis qu'ayant passé l'âge mûr, je décline vers la vieillesse, je sens que ces mêmes souvenirs renaissent, tandis que les autres s'effacent, et se gravent dans ma mémoire avec des traits dont le charme et la force augmentent de jour en jour (…)
Rousseau, les Confessions, I.
10 M. de Lagrange est jeune, et je suis presque vieux; son ardeur est naissante, et la mienne décline.
d'Alembert, Lettre au roi de Prusse, 11 juil. 1766.
11 Tes jours, sombres et courts comme les jours d'automne,
Déclinent (…)
Lamartine, Premières méditations poétiques, « le Vallon ».
Vieilli. Faiblir, s'affaiblir. || Le génie de cet auteur commence à décliner. Déchoir, dégénérer, faiblir.
Empire qui décline. Effondrer (s'), péricliter, tomber…
12 (…) à son tour, leur puissance décline (…)
Racine, Britannicus, V, 3.
——————
déclinant, ante p. prés. et adj.
ÉTYM. (1690).
1 Techn. || Cadran solaire déclinant, qui ne regarde pas directement un des points cardinaux.Plan déclinant, qui fait un angle avec le méridien.
2 Fig. et cour. Qui est sur son déclin. || Puissance déclinante. || Force déclinante.
13 (…) de tempérament ferme encore, mais de race appauvrie déjà et déclinante.
Émile Faguet, XVIIe siècle, Saint-Simon, III.
——————
décliné, ée p. p. adj.
1 Dr. || Juridiction déclinée.Cour. || Offre déclinée.
2 Gramm. || Nom, adjectif décliné.
3 (Concret). Qui penche.Bot. || Étamine déclinée, qui penche vers la base de la fleur.
Zool. || Nageoire déclinée, dont les osselets vont en décroissant.Terrain décliné, en pente.
CONTR. Accepter (une invitation). — Accroître (s'), croître, élever (s'), fortifier (se), monter, progresser. — Rajeunir.
DÉR. Déclin, déclinable, déclinaison, déclinateur, déclinement.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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  • decliner — Decliner. v. n. Decheoir, pancher vers sa fin. Le jour commence à decliner. cet homme decline tous les jours. sa fiévre decline depuis peu. ses forces declinent beaucoup. il va en declinant. sa fortune va en declinant. Decliner. v. a. Terme de… …   Dictionnaire de l'Académie française

  • décliner — DÉCLINER. v. n. Déchoir, pencher vers sa fin. Le jour commence à décliner. Ce malade, cet homme décline tous les jours. Sa fièvre décline depuis peu. Ses forces déclinent beaucoup. Il va en déclinant. Sa fortune va en déclinant. f♛/b] On dit, en… …   Dictionnaire de l'Académie Française 1798

  • decliner — de‧clin‧er [dɪˈklaɪnə ǁ ər] noun [countable usually plural] FINANCE a share that falls in value on a particular day of trading on a stockmarket; = DECLINING SHAREs: • Dotcom shares were the exchange s biggest decliner of the session. * * *… …   Financial and business terms

  • decliner — Decliner, Declinare. L amour se change et se tourne à meschanceté, Paulatim declinat amor. Ouid. Le jour decline, ou est sur son declin, Declinat in vesperum dies. Columel. Maladie qui decline, ou qui va en declinant, Declinans morbus. Aage… …   Thresor de la langue françoyse

  • Decliner — De*clin er, n. He who declines or rejects. [1913 Webster] A studious decliner of honors. Evelyn. [1913 Webster] …   The Collaborative International Dictionary of English

  • décliner — (dé kli né) v. n. 1°   S écarter en un sens ou un autre d un point fixe, d une ligne fixe. •   Plusieurs causes peuvent faire décliner vers le sud ou vers l est un courant d air, RAYNAL Hist. phil. V, 10.    Terme d astronomie. S éloigner de l… …   Dictionnaire de la Langue Française d'Émile Littré

  • DÉCLINER — v. n. Déchoir, pencher vers sa fin ; s affaiblir, diminuer. Le jour commence à décliner. Sa fièvre décline depuis peu. Ses forces déclinent beaucoup. Sa fortune, son crédit va en déclinant. Son génie commençait à décliner. L empire déclinait. En… …   Dictionnaire de l'Academie Francaise, 7eme edition (1835)

  • DÉCLINER — v. intr. Pencher vers sa fin; s’affaiblir, en parlant des Choses. Le jour commence à décliner. Ses forces déclinent beaucoup. Son crédit va en déclinant. Son génie commençait à décliner. En parlant des Personnes, il se dit soit de la Diminution… …   Dictionnaire de l'Academie Francaise, 8eme edition (1935)

  • décliner — vi. , péricliter ; aller à la ruine, être en péril, dépérir (ep. d une affaire, d un commerce, d une entreprise) : vni / devni décliner à ran (Saxel.002), marshî mâ <marcher mal> (Albanais.001). A1) décliner fortement, maigrir, vieillir… …   Dictionnaire Français-Savoyard

  • decliner — noun see decline I …   New Collegiate Dictionary


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